Vous envisagez de rénover une habitation en Wallonie dans les prochains mois ? Le système d’aides à la rénovation énergétique va profondément évoluer.
À partir du 1er octobre 2026, la Wallonie prévoit un nouveau régime de soutien qui doit concentrer davantage les moyens disponibles sur les logements présentant les moins bonnes performances énergétiques.
Pour les propriétaires concernés, cela renforce l’importance de bien connaître l’état initial du bâtiment, d’identifier les travaux prioritaires et d’établir un budget cohérent avant de commencer.
30 septembre 2026 : une première date à retenir
Avant de parler du nouveau système, il faut rappeler que le régime temporaire actuellement en vigueur arrive à son terme.
À retenir
Pour les dossiers relevant du régime temporaire mis en place à partir du 14 février 2025, les demandes concernées doivent respecter les échéances fixées par la Wallonie, avec une date charnière au 30 septembre 2026.
Si vous avez déjà réalisé des travaux ou entrepris des démarches dans le cadre du régime existant, il est donc important de vérifier précisément la situation de votre dossier.
À partir du 1er octobre : priorité aux logements PEB E, F et G
L’un des principaux changements annoncés concerne les logements pouvant bénéficier du nouveau soutien.
La volonté affichée est de concentrer davantage les moyens disponibles sur les habitations présentant une mauvaise performance énergétique et sur les projets permettant une amélioration significative du bâtiment.
Les travaux devront permettre d’atteindre au minimum un niveau PEB D.
Les travaux devront permettre d’atteindre au minimum un niveau PEB C.
Cela change considérablement la manière d’aborder un projet de rénovation.
Pour le propriétaire d'une maison PEB F, la question ne sera plus seulement : « Quelle aide puis-je obtenir pour isoler mon toit ? »
Il faudra davantage se demander : « Quels travaux dois-je combiner pour améliorer réellement la performance globale de mon habitation ? »
Une rénovation pensée comme un projet global
J’y vois une évolution importante dans la manière d’envisager les rénovations énergétiques.
Une habitation est un ensemble. La toiture, les murs, les châssis, la ventilation, le chauffage, la production d’eau chaude et les éventuelles énergies renouvelables interagissent entre eux.
Remplacer un équipement sans réfléchir aux autres composants du bâtiment peut conduire à un investissement qui n’est pas nécessairement prioritaire ou qui compliquera certaines interventions futures.
Avant de commencer les travaux, plusieurs questions doivent être posées :
- Quel est réellement l’état énergétique du bâtiment ?
- Où se trouvent les principales pertes d’énergie ?
- Quels travaux sont prioritaires ?
- Dans quel ordre doivent-ils être réalisés ?
- Quels travaux peuvent être combinés ?
- Quel gain énergétique peut-on raisonnablement espérer ?
- Quel budget faut-il prévoir pour atteindre l’objectif recherché ?
Un audit préalable pour préparer le parcours de rénovation
Parmi les changements annoncés figure également le renforcement du rôle de l’audit préalable dans l’accès au financement.
L’objectif est d’identifier les interventions prioritaires et de permettre d’organiser un parcours de travaux cohérent.
Le certificat PEB
Le certificat PEB évalue la performance énergétique d’un logement selon une méthode standardisée et lui attribue notamment un label énergétique.
Il constitue notamment une information essentielle lorsqu’un logement est mis en vente ou en location.
L’audit énergétique
L’audit poursuit une autre finalité. Il permet de déterminer et d’organiser un parcours de travaux destiné à améliorer les performances énergétiques du bâtiment.
Certificat PEB et audit énergétique ne sont donc pas la même chose. Les deux démarches concernent la performance énergétique du logement, mais elles remplissent des fonctions différentes.
Rénopack et Rénoprêt : une nouvelle logique de financement
Le soutien régional doit désormais davantage s’organiser autour de deux systèmes de financement : le Rénopack et le Rénoprêt.
Le Rénopack
Selon les informations communiquées par la Wallonie, le Rénopack sera destiné aux catégories de revenus C1, C2 et C3.
Il doit prendre la forme d’un prêt à taux zéro, accompagné d’une réduction d’une partie du montant à rembourser en fonction de la catégorie de revenus.
| Catégorie | Revenus imposables annoncés* | Taux | Réduction annoncée |
|---|---|---|---|
| C1 | Jusqu’à 28.900 € | 0 % | 50 % |
| C2 | 28.900,01 € à 41.100 € | 0 % | 40 % |
| C3 | 41.100,01 € à 67.100 € | 0 % | 15 % |
* Montants annoncés dans le cadre du futur régime. Les conditions définitives et modalités pratiques doivent toujours être vérifiées auprès des organismes officiels au moment d’introduire une demande.
Le Rénoprêt
Le Rénoprêt doit notamment concerner les ménages disposant de revenus plus élevés, ainsi que certaines catégories de propriétaires, bailleurs et copropriétés.
Il s’agit d’un mécanisme de prêt destiné à faciliter le financement de travaux de rénovation sans reprendre exactement la logique de primes poste par poste appliquée auparavant.
Des montants plus importants pour les rénovations globales
Pour une maison unifamiliale, le plafond de financement annoncé peut atteindre 75.000 €.
Ce montant illustre également le changement de philosophie du dispositif : permettre la réalisation de rénovations énergétiques plus importantes capables d’améliorer réellement la performance du bâtiment.
Et pour les appartements et copropriétés ?
Le futur dispositif prévoit également des possibilités de financement pour les immeubles à appartements et les copropriétés, aussi bien pour certaines parties privatives que pour les parties communes.
Ces projets nécessitent cependant une réflexion particulière, car les travaux sur l’enveloppe, les installations communes et les équipements privatifs doivent être coordonnés.
Ce que cette réforme change concrètement pour un propriétaire
Exemple : une maison des années 1960 avec un PEB F
Imaginons une maison dont la toiture est partiellement isolée, dont les châssis ont déjà été remplacés, mais dont certains murs ne sont pas isolés et dont l’installation de chauffage est ancienne.
La mauvaise approche serait de remplacer immédiatement la chaudière simplement parce qu’une nouvelle installation est disponible.
La bonne approche consiste d’abord à examiner le bâtiment dans son ensemble.
- Faut-il renforcer l’isolation de la toiture ?
- L’isolation des murs est-elle techniquement possible ?
- La ventilation est-elle adaptée ?
- Le chauffage devra-t-il être redimensionné après isolation ?
- Quels travaux permettront réellement d’améliorer le niveau PEB ?
- Quel sera le coût global du parcours de rénovation ?
Avant de rénover, il faut connaître son point de départ
La première étape d’une rénovation énergétique cohérente consiste à comprendre le bâtiment existant.
En tant qu’ingénieur en construction et certificateur PEB agréé en Wallonie, je peux notamment intervenir pour établir un certificat PEB lorsqu’il est nécessaire et vous aider à mieux comprendre les performances actuelles de votre habitation.
Mais un résultat PEB ne doit pas être considéré comme une simple lettre.
Un logement classé E, F ou G doit surtout conduire à se demander pourquoi le bâtiment consomme autant d’énergie et quelles interventions permettront d’améliorer efficacement la situation.
Rénover dans le bon ordre pour éviter les mauvaises surprises
Une rénovation importante nécessite également de coordonner les choix techniques avec le budget disponible.
Avant de commencer, il peut être utile d’étudier :
- la faisabilité technique des interventions ;
- l’état général du bâtiment ;
- les priorités de rénovation ;
- les différentes solutions possibles ;
- leur coût ;
- l’ordre logique des travaux ;
- les conséquences de chaque choix sur les étapes suivantes.
C’est particulièrement important lorsqu’un projet comprend simultanément de l’isolation, des châssis, des travaux de toiture, du chauffage, de la ventilation ou d’autres transformations.
Après plus de trente ans dans la construction et la gestion de chantiers, c’est précisément cette approche globale que j’applique aujourd’hui avec MDL Project : analyser un projet avant les travaux, établir des priorités réalistes, anticiper les difficultés et accompagner ensuite sa réalisation.
Votre habitation est classée PEB E, F ou G ?
Le changement de régime constitue une bonne occasion de réfléchir à votre projet de rénovation dans son ensemble.
Quels travaux entreprendre ? Dans quel ordre ? Avec quel budget ? Et comment améliorer réellement la performance énergétique du bâtiment ?
Je peux vous accompagner dans l’analyse et la préparation technique de votre projet de construction ou de rénovation.
MDL Project – Marc Delvigne
Ingénieur en construction – Certificateur PEB agréé en Wallonie
Gestion et pilotage de projets – Conseils techniques – Construction & rénovation
Rue de Ville 18
7322 Pommeroeul – Hainaut
Tél. : +32 (0) 475 65 24 59
E-mail : info@mdlproject.be
Questions fréquentes sur les nouvelles aides à la rénovation
Qu’est-ce qui change pour les aides à la rénovation en Wallonie à partir du 1er octobre 2026 ?
Le nouveau régime annoncé modifie la logique des aides et accorde une place importante aux mécanismes de financement tels que le Rénopack et le Rénoprêt. Il cible notamment les rénovations permettant une amélioration significative de la performance énergétique des logements.
Quels logements sont particulièrement concernés ?
Les mesures annoncées ciblent notamment les logements classés PEB E, F et G pour lesquels un parcours de rénovation permet d’atteindre un meilleur niveau énergétique.
Faudra-t-il réaliser un audit avant les travaux ?
Le futur dispositif prévoit un rôle important pour l’audit énergétique préalable afin d’identifier et d’organiser les travaux nécessaires. Les conditions exactes doivent être vérifiées en fonction du mécanisme de financement sollicité et de la situation du demandeur.
Un certificat PEB et un audit énergétique sont-ils la même chose ?
Non. Le certificat PEB évalue la performance énergétique du logement et lui attribue notamment un label. L’audit énergétique vise à analyser le bâtiment et à proposer un parcours cohérent de rénovation.
Pourquoi connaître son PEB avant d’envisager une rénovation ?
Le PEB donne une première indication de la performance énergétique globale du bâtiment. Il permet d’identifier la situation de départ avant d’étudier plus précisément les travaux susceptibles d’améliorer ses performances.
Informations officielles :
Service public de Wallonie – Énergie
Les informations présentées dans cet article correspondent aux mesures annoncées par les autorités wallonnes au moment de sa rédaction. Les modalités réglementaires, conditions d’accès et montants applicables doivent être vérifiés auprès des organismes officiels avant toute demande d’aide ou de financement.